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« L'État français » (Cours d'histoire)

L'Europe et la France pendant la Seconde Guerre mondiale

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II-B - « L'État français »

(Voir la page précédente : II-A - L'armistice et ses conséquences)

Le nouveau régime est construit autour de la personnalité du maréchal Pétain. Un véritable culte de la personnalité est mis en place autour de ce vieillard (84 ans en 1940).

Les pleins pouvoirs à Pétain

Pendant la période de Vichy, Pétain est le chef de l'État français. Il dirige un régime qui peut être assimilé à une dictature puisque le maréchal Pétain possède tous les pouvoirs. Ces pleins pouvoirs lui ont été confiés, à une écrasante majorité, par un vote des députés et des sénateurs, le 10 juillet 1940, à Vichy.

Pour asseoir encore son autorité mais aussi pour « condamner les responsables de la défaite française », les dirigeants de la IIIème République sont arrêtés (Édouard Daladier, Léon Blum). À partir de 1942, ces hommes politiques sont jugés au procès de Riom : aucune décision ne sera prise mais ils resteront en prison ou seront livrés aux nazis pour être déportés.

La « Révolution nationale »

Le maréchal Pétain et son entourage veulent construire un nouveau modèle d'État autoritaire, paternaliste, catholique et corporatiste. Cette volonté de réformer la société et la vie politique françaises s'appelle la « Révolution nationale ».

La « Révolution nationale » est construite autour de la devise « Travail, Famille, Patrie » qui remplace pendant 4 ans le devise « Liberté, Égalité, Fraternité ».

  • Travail : les professions sont organisées par la Charte du Travail (octobre 1941). Cette charte instaure des corporations par branches d'activités, dans le but de favoriser l'entente entre patron et ouvrier, et d'éviter la lutte des classes. Elle permet aussi à l'État de contrôler les corporations (ce qui lui permet de fixer les prix et les salaires), et d'encourager la mise en place de grandes entreprises contrôlées également par l'État.

    Pour lutter contre tout désordre, la Charte du Travail dissout les syndicats et interdit la grève.

    Enfin, la Charte du Travail privilégie la corporation agricole.

  • Famille : l'État français honore les familles nombreuses, et de manière plus générale la femme au foyer (instauration de la fête des mères). Pour protéger la famille, le divorce est rendu quasiment impossible et l'avortement est sévèrement condamné.

  • Patrie : la jeunesse est élevée dans le culte de la Patrie et du Maréchal, ceci au sein de l'école (chanson « Maréchal, nous voilà ! »), mais aussi dans le cadre des « Chantiers de jeunesse » (8 mois de vie en groupe). Des effigies, des bustes, des chansons… célèbrent la Patrie et la défense de celle-ci par Pétain.

La collaboration d'État

Le régime de Vichy se caractérise enfin par la mise en place d'une collaboration d'État (collaboration sans doute tactique pour la plupart des Vichystes qui pensent obtenir des compensations de la part du régime nazi).

Le début officiel de cette collaboration d'État est marquée par l'entrevue de Montoire entre Hitler et le maréchal Pétain, le 24 octobre 1940. Elle se déroule sous l'impulsion de Pierre Laval, qui est alors vice-président du Conseil (en fait chef du gouvernement, alors que Pétain est chef de l'État). Cette rencontre est conforme aux idées collaborationnistes de Laval.

Au nom de la collaboration d'État et par idéologie, des lois racistes sont votées à l'image de la loi d'octobre 1940 qui interdit de nombreux métiers aux Juifs.

De même, un commissariat aux affaires juives est créé. Ce commissariat est dirigé par un collaborationniste, antisémite, Xavier Vallat. Ce dernier fait voter, en juillet 1941, une loi portant sur le « Statut des Juifs » qui aggrave les restrictions concernant les Juifs et ordonne un recensement national des « Israélites ». Cela conduit donc le régime de Vichy à participer à la « Solution finale » : 76.000 juifs des 300.000 vivant en France sont déportés, 2.500 reviendront.

Pétain n'est pas d'accord avec ces mesures extrêmes ni avec le collaborationnisme le plus violent (Robert Brasillach, journaliste : « Ce que nous voulons, autant que cela dépend de nous, ce n'est pas la collaboration, c'est l'Alliance »). En désaccord avec Pétain, Laval est renvoyé dès décembre 1940. Il est remplacé par l'Amiral Darlan.

Après décembre 1940, la politique de collaboration ne change pas vraiment d'orientation, par contre la pression allemande va être de plus en plus forte.

En juin 1942, après le retour de Laval sous la pression des Allemands, la politique de collaboration s'accentue avec l'instauration de la Relève (envoi d'ouvriers français en Allemagne en échange du retour de prisonniers de guerre) puis en février 1943, du STO (Service du Travail Obligatoire), qui conduit 700.000 Français en déportation de travail.

En novembre 1942, avec l'occupation de la zone sud par l'Allemagne et l'Italie, la collaboration va franchir un nouveau pas. Cela se traduit par l'arrivée au pouvoir des « ultras » de la collaboration, des collaborationnistes les plus déterminés :

  • Philipe Henriot qui devient secrétaire d'État à l'information.
  • Joseph Darnand, un des dirigeants de la LVF (Légion des Volontaires Français) est nommé secrétaire d'État au maintien de l'ordre.
  • Marcel Déat devient secrétaire d'État au travail et à la solidarité nationale.

Conclusion

La vie quotidienne des Français dans ce contexte est évidemment très difficile.

Outre la privation des libertés fondamentales (presse, opinion), le Service du Travail Obligatoire, le présence de troupes d'occupation, les Français doivent subir les rationnements : la ration alimentaire, définie selon les besoins minimums de chacun est souvent insuffisante, surtout dans les villes. La population a donc parfois recours au marché noir pour se procurer des aliments.

Les Français s'en sortent souvent par le système D (les astuces, la débrouille) ou en utilisant des produits de substitution ou Ersatz (ex. : les semelles en bois pour les chaussures).

La suite du cours : II-C - La résistance française

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