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Un
bilan terrible
La Seconde guerre mondiale est une hécatombe
épouvantable. C'est le conflit le plus meurtrier de tous
les temps avec environ 50 millions de morts.
Certains pays sont particulièrement touchés : l'URSS
totalise à elle seule 21 millions de morts
(plus de 12% de sa population), la Chine
a connu plus de 13 millions de morts, l'Allemagne : plus de 7 millions de morts (soit plus de 10% de sa population).
Les pays d'Europe de l'ouest et bien sûr
les Etats-Unis sont moins touchés. Les Français
sont plus de 600.000 à être morts
pendant la guerre (soit 1,5% de la population
totale de 1939). C'est 6 fois moins que les morts
français de la Première Guerre mondiale (d'où l'image
de "Grande Guerre" pour la France).
De
nombreux civils parmi les victimes
C'est une particularité de la Seconde Guerre mondiale en comparaison
aux précédents conflits : les civils ont été très touchés. Ils représentent
plus de la moitié des pertes humaines
totales (contre 5% pour la Première Guerre mondiale).
Les crimes
de guerre et les crimes
contre l'humanité alourdissent encore le bilan du côté
des civils.
Des
transferts de populations
La Seconde Guerre mondiale et son règlement ont donné lieu
à des transferts de populations considérables.
Ces déplacements concernent près de 30
millions de personnes : ce sont des Allemands
ou des Japonais qui sont transférés
de gré
ou de force dans leur pays d'origine.
Des minorités quittent également l'URSS : c'est la cas notamment
des Polonais qui vont regagner le territoire
polonais dans son nouveau tracé.
Enfin, des millions de prisonniers de guerre ou de travailleurs
forcés quittent les camps nazis pour regagner leur pays
d'origine.
Les conséquences démographiques
Elles sont visibles à l'observation des pyramides des âges des pays engagés dans le conflit. Cette observation traduit deux conséquences imputables à la guerre :
- Un déséquilibre entre les sexes
: les hommes ont été plus victimes de la guerre, même
si ce déséquilibre est moins net que pour la Première
Guerre mondiale. Cette différence par sexe est particulièrement
visible en URSS.
- L'existence de classes creuses dues à
un déficit de naissances (les hommes et les femmes sont séparés
pendant la guerre). Cela entraînera une pénurie de main
d'oeuvre et un nouveau tassement des naissances pour la génération
suivante.
Ceci n'est pas vrai dans tous les pays. En France par exemple, la
natalité a repris dès 1942. Cela annonce déjà
le baby-boom
dans les pays industrialisés.
Des
destructions quasi totales
Dans les régions très touchées par les combats, et
notamment par les bombardements, les destructions
des infrastructures sont quasi totales.
Au Japon et en Allemagne,
les villes ont été systématiquement bombardées
par les Alliés.
Partout en Europe, la Libération
a donné lieu à des destructions
massives surtout des moyens de communications.
En France, les destructions sont plus importantes
que celles occasionnées par la guerre de 1914-1918.
Dans ces ruines, ces destructions, des milliers de civils doivent être
nourris et logés. En France, on doit maintenir
le rationnement, plusieurs mois après le départ des Allemands.
Un
bilan financier catastrophique
Pour financer le conflit, les pays ont souvent eu recours à l'emprunt,
aux impôts ou à l'inflation. Cela a pour conséquence
une hausse des prix et un affaiblissement
des pays du fait d'une croissance de la dette
publique.
Cet endettement généralisé impose une remise en
ordre du système monétaire international.
Cette remise en ordre se fait avec les accords de Bretton
Woods, signés en juillet 1944.
Ces accords signés entre 44 pays prévoient
plusieurs choses :
- Le dollar, convertible en or, est promue
monnaie internationale au même titre
que l'or. Les accords de Bretton Woods consacrent donc définitivement
le dollar comme monnaie
de référence.
- Une coopération monétaire mondiale est créée
avec la mise en place du Fond Monétaire International
(FMI). Installé à Washington, il est alimenté
par les pays membres selon leur richesse. Il joue un rôle de stabilisateur
à l'égard des monnaies et accorde des prêts
aux pays connaissant des difficultés passagères.
- Une Banque Internationale pour la Reconstruction
et le Développement (BIRD) ou Banque
mondiale est mise en place. Elle sera chargée d'aider
les pays dévastés par la guerre (elle aide aujourd'hui
les pays en voie de développement).
L'économie
des pays vaincus sous tutelle
Les Alliés (les vainqueurs) décident aussi de placer
sous tutelle internationale l'économie des pays vainqueurs.
Ainsi, en Allemagne, les Konzerns, grands
groupes de l'industrie qui ont financé le parti nazi et utilisé
la main-d'oeuvre
des camps de concentration, ces grands groupes sont démantelés
à l'image de IGFarben.
Le même phénomène se produit au Japon avec la suppression
des Zaïbatsus
et avec la mise en place d'une réforme agraire
imposée par les Américains.
Le
sentiment qui prime du point de vue moral est bien sûr le désarroi
face aux conséquences de la Solution
finale.
Une terrible prise
de conscience internationale se fait à la fin de la guerre.
Devant cette prise de conscience de l'opinion publique et devant l'horreur
des crimes commis, les Alliés vont pour la première fois
dans l'histoire, organiser un procès où
un tribunal va juger au nom de la conscience humaine.
Ce procès se déroule à Nuremberg
de novembre 1945 à octobre 1946.
Pendant le procès, tous les anciens hauts-responsables
du régime nazi sont jugés. 12
d'entre eux sont condamnés à mort, 10
sont pendus quelques jours après le verdict. Des peines de prisons
à vie sont également prononcées.
Un procès identique est organisé à Tokyo
pour juger les responsables japonais.
Les
Alliés ne sont pas exempts de toutes critiques. L'utilisation
de la bombe
atomique a également causé un traumatisme
important parmi les populations. Les camps de détentions,
où furent déportés les citoyens américains
d'origine japonaise, sont également critiquables. De même
que sont critiquables les massacres
de Katyn ou encore les exécutions sommaires de soldats allemands
toujours par l'Armée rouge.
Les mêmes interrogations se posent de manière aiguë
pour la France. Les divisions entre les résistants
et les collaborateurs restent très nettes,
même une fois la guerre terminée.
Se met en place à la fin de la guerre ce que l'on a appelé
l'épuration.
L'épuration
légale conduit les collaborateurs
et les collaborationnistes
les plus importants à des procès, elle reste limitée
dans son ampleur par la volonté
de de Gaulle. Cependant plus de 7.000 condamnations
à mort sont prononcées, 1500 personnes sont finalement exécutées
avec parmi elles Joseph
Darnand et Pierre
Laval. Le Maréchal Pétain
est lui-même condamné à mort, mais sa peine est commuée
en peine de prison à vie. Il est emprisonné sur l'île
d'Yeu, où il meurt en 1951.
Malgré le bilan très sombre qui vient d'être dressé,
les peuples, dans leur majorité sont gagnés
à la fin de la guerre par l'optimisme,
voire par l'euphorie. La confiance en l'avenir
se manifeste individuellement par l'augmentation de la natalité
: c'est le début du baby-boom.
De manière plus générale, certains peuples ont l'espoir
d'accéder enfin à l'indépendance et à la liberté.
Le "redécoupage" du monde va
combler les espoirs de certains et causer la déception chez d'autres
peuples.
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