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L'Europe et la France pendant la Seconde Guerre mondiale

II - LA FRANCE PENDANT LA GUERRE

A - L'armistice et ses conséquences

Du fait de la débâcle en mai-juin 1940, le Maréchal Pétain, chef du gouvernement depuis le 16 juin 1940, signe l'armistice avec l'Allemagne le 22 juin 1940.

Les clauses définies par cet armistice sont très sévères à l'égard de la France :

Carte de la France après l'armistice du 22 juin 1940 (ligne de démarcation, zone sud, zone nord,...

PuceDes clauses territoriales
La France est divisée en deux : la France du nord (France directement occupée par les nazis, avec Paris comme capitale) et la France du sud (dite France "libre", avec Vichy comme capitale).
Entre ces deux France passe la ligne de démarcation.
(Vous pouvez accéder à la carte de la France après l'armistice du 22 juin 1940 en cliquant sur la carte miniature ci-contre)

PuceDes clauses militaires
L'armée française est réduite à 100.000 soldats en métropole et à 120.000 soldats outre-mer.
La flotte doit être désarmée : l'Allemagne s'engage à ne pas l'utiliser.
Toutes les fortifications doivent être livrées à l'Allemagne.

PuceDes clauses économiques et humaines
La France doit prendre à sa charge les frais d'occupation de son territoire (fournir logement, nourriture aux troupes d'occupation).
Les deux millions de prisonniers français ne sont pas autorisés à rentrer en France tant qu'une paix définitive ne sera pas conclue.
La France doit livrer tous les ressortissants allemands qui se trouvent en France. (c'est-à-dire notamment les Juifs allemands).

PuceConséquences politiques de la défaite
L'armistice a été voulu par Pétain. Avec un groupe d'hommes politiques (parmi eux Pierre Laval), il estime que la IIIème République est un régime faible et qu'il peut être tenu pour responsable de la défaite française. L'armistice et la défaite française fournissent donc l'occasion pour mettre fin à la République.

Le 10 juillet 1940, Pierre Laval réunit à Vichy le Parlement (la Chambre des Députés et le Sénat). Il leur demande de voter une loi constitutionnelle composé d'un article unique qui donne tous les pouvoirs à Pétain. Cette loi est adoptée par 569 voix contre 80. Ainsi commence un nouveau régime : "l'Etat français".


B - "L'Etat français"

Le nouveau régime est construit autour de la personnalité du maréchal Pétain. Un véritable culte de la personnalité est mis en place autour de ce vieillard (84 ans en 1940).

PuceLes pleins pouvoirs à Pétain
Pendant la période de Vichy, Pétain est le chef de l'Etat français. Il dirige un régime qui peut être assimilé à une dictature puisque le maréchal Pétain possède tous les pouvoirs. Ces pleins pouvoirs lui ont été confiés, à une écrasante majorité, par un vote des députés et des sénateurs, le 10 juillet 1940, à Vichy.

Pour asseoir encore son autorité mais aussi pour "condamner les responsables de la défaite française", les dirigeants de la IIIéme République sont arrêtés (Edouard Daladier, Léon Blum). A partir de 1942, ces hommes politiques sont jugés au procès de Riom : aucune décision ne sera prise mais ils resteront en prison ou seront livrés aux nazis pour être déportés.

PuceLa "Révolution nationale"
Le maréchal Pétain et son entourage veulent construire un nouveau modèle d'Etat autoritaire, paternaliste, catholique et corporatiste. Cette volonté de réformer la société et la vie politique françaises s'appelle la "Révolution nationale".

La "Révolution nationale" est construite autour de la devise "Travail, Famille, Patrie" qui remplace pendant 4 ans le devise "Liberté, Egalité, Fraternité".

  • Travail : les professions sont organisées par la Charte du Travail (octobre 1941) Cette charte instaure des corporations par branches d'activités, dans le but de favoriser l'entente entre patron et ouvrier, et d'éviter la lutte des classes. Elle permet aussi à l'Etat de contrôler les corporations (ce qui lui permet de fixer les prix et les salaires), et d'encourager la mise en place de grandes entreprises contrôlées également par l'Etat.
    Pour lutter contre tout désordre, la Charte du Travail dissout les syndicats et interdit la grève.
    Enfin, la Charte du Travail privilégie la corporation agricole.

  • Famille : l'Etat français honore les familles nombreuses, et de manière plus générale la femme au foyer (instauration de la fête des mères).
    Pour protéger la famille, le divorce est rendu quasiment impossible et l'avortement est sévèrement condamné.

  • Patrie : la jeunesse est élevée dans le culte de la Patrie et du Maréchal, ceci au sein de l'école (chanson "Maréchal, nous voilà !"), mais aussi dans le cadre des "Chantiers de jeunesse" (8 mois de vie en groupe). Des effigies, des bustes, des chansons... célèbrent la Patrie et la défense de celle-ci par Pétain.

PuceLa collaboration d'Etat
Le régime de Vichy se caractérise enfin par la mise en place d'une collaboration d'Etat (collaboration sans doute tactique pour la plupart des Vichystes qui pensent obtenir des compensations de la part du régime nazi).

Le début officiel de cette collaboration d'Etat est marquée par l'entrevue de Montoire entre Hitler et le maréchal Pétain, le 24 octobre 1940 . Elle se déroule sous l'impulsion de Pierre Laval, qui est alors vice-président du Conseil (en fait chef du gouvernement, alors que Pétain est chef de l'Etat). Cette rencontre est conforme aux idées collaborationnistes de Laval.

Au nom de la collaboration d'Etat et par idéologie, des lois racistes sont votées à l'image de la loi d'octobre 1940 qui interdit de nombreux métiers aux Juifs.

De même, un commissariat aux affaires juives est créé. Ce commissariat est dirigé par un collaborationniste, antisémite, Xavier Vallat. Ce dernier fait voter, en juillet 1941, une loi portant "Statut des Juifs" qui aggrave les restrictions concernant les Juifs et ordonne un recensement national des "Israélites". Cela conduit donc le régime de Vichy à participer à la "Solution finale" : 76.000 juifs des 300.000 vivant en France sont déportés, 2.500 reviendront.

Pétain n'est pas d'accord avec ces mesures extrêmes ni avec le colaborationnisme le plus violent (Robert Brasillach, journaliste : "Ce que nous voulons, autant que cela dépend de nous, ce n'est pas la collaboration, c'est l'Alliance"). En désaccord avec Pétain, Laval est renvoyé dès décembre 1940. Il est remplacé par l'Amiral Darlan.

Après décembre 1940, la politique de collaboration ne change pas vraiment d'orientation, par contre la pression allemande va être de plus en plus forte.

En juin 1942, après le retour de Laval sous la pression des Allemands, la politique de collaboration s'accentue avec l'instauration de la Relève (envoi d'ouvriers français en Allemagne en échange du retour de prisonniers de guerre) puis en février 194, du STO (Service du Travail Obligatoire), qui conduit 700.000 Français en déportation de travail.

En novembre 1942, avec l'occupation de la zone sud par l'Allemagne et l'Italie, la collaboration va franchir un nouveau pas. Cela se traduit par l'arrivée au pouvoir des "ultras" de la collaboration, des collaborationnistes les plus déterminés :

  • Philipe Henriot qui devient secrétaire d'Etat à l'information.
  • Joseph Darnand, un des dirigeants de la LVF (Légion des Volontaires Français) est nommé secrétaire d'Etat au maintien de l'ordre.
  • Marcel Déat devient secrétaire d'Etat au travail et à la solidarité nationale.

PuceConclusion
La vie quotidienne des Français dans ce contexte est évidemment très difficile.
Outre la privation des libertés fondamentales (presse, opinion), le Service du Travail Obligatoire, le présence de troupes d'occupation, les Français doivent subir les rationnements : la ration alimentaire, définie selon les besoins minimums de chacun est souvent insuffisante, surtout dans les villes. La population a donc parfois recours au marché noir pour se procurer des aliments.

Les Français s'en sortent souvent par le système D (les astuces, la débrouille) ou en utilisant des produits de substitution ou Ersatz (ex. : les semelles en bois pour les chaussures).


C - La résistance française

On estime que les faits de résistances en France ont concerné 1% à 1,5% de la population, et pourtant cette résistance est très divisée.

On devrait en effet plutôt dire les résistances françaises.
On distingue en fait deux ensembles : une résistance extérieure et une résistance intérieure (de plus, cette dernière est divisée en plusieurs groupes).

PuceLa résistance extérieure
Les débuts de la résistance française sont à placer en dehors du sol français. Elle commence en effet le 18 juin 1940 par l'appel lancé par le général de Gaulle, de Londres, sur la radio anglaise, la BBC.

Cet appel marque la naissance de la France Libre. En juillet 1940, la France Libre ce sont seulement 7.000 hommes environ autour de de Gaulle à Londres.
Peu de colonies se rallient à la bannière de de Gaulle (l'AEF [Afrique Equatoriale Française], Tahiti, et la Nouvelle-Calédonie). Le reste de l'Empire français reste fidèle à Vichy.

Pour rajouter à la faiblesse de de Gaulle, la France Libre n'est pas reconnue par les Alliés comme un gouvernement en exil et, la France libre n'a pas de lien, pas de contact avec les premiers mouvements de résistance en France.

PuceLa résistance intérieure
La résistance intérieure commence à se manifester par des actes isolés dès juillet 1940 (distributions de tracts, inscriptions sur les murs...).

En zone sud, l'absence des Allemands facilite la formation spontanée, parfois désordonnée de groupes (ou réseaux) comme Combat (Henry Frenay), ou encore Franc-Tireur (Marc Bloch).

En zone nord, la situation est plus difficile pour les résistants qui doivent rapidement s'organiser en réseaux clandestins s'ils veulent échapper à la Gestapo.
Les premiers groupes sont Libération nord, Ceux de la Résistance.

Seul le Front National, groupe de résistants communistes, fondé en mai 1941 mais surtout actif à partir de juillet 1941, est présent en zone nord et en zone sud.

Le problème de tous ces mouvements de résistance jusqu'à la fin de l'année 1941, c'est qu'ils sont divisés, parfois concurrents, faiblement implantés dans les régions et globalement mal organisés.

PuceOrganisation et unification de la résistance française
C'est pour l'essentiel l'oeuvre de Jean Moulin, ancien préfet, rallié à la France libre, et envoyé par de Gaulle en France en janvier 1942. Jean Moulin assure dès juillet 1942 le lien entre la France Libre et la résistance intérieure.

Jean Moulin unit les résistants du sud de la France en créant les Mouvements Unis de la Résistance (MUR) en janvier 1943. Et le 27 mai 1943, il réunit sous l'autorité de de Gaulle l'ensemble des mouvements de résistants français au sein du CNR (Conseil National de la Résistance).

La mission de Jean Moulin s'arrête un mois plus tard : le 21 juin 1943 : il est arrêté, torturé par la Gestapo lyonnaise, et décède lors de son transfert en Allemagne juillet 1943.

PuceDu CNR au GPRF
Le Conseil National de la Résistance, uni sous l'autorité de de Gaulle, donne au général une nouvelle légitimité.

Depuis mai 1943, de Gaulle est en Algérie, qui a été reconquise par les Alliés et les Forces Françaises Libres ou FFL (armée de la France Libre). Le 3 juin 1943, il devient le chef du Comité Français de Libération Nationale, mais il partage ce poste avec le général Giraud, qui est soutenu par les Américains.

De Gaulle réussit finalement à se débarrasser de Giraud pour s'imposer comme le seul chef de la France libre. Il sera à partir de juin 1944, le chef du Gouvernement Provisoire de la République Française (GPRF).

La résistance française, tant intérieure (les FFI, Forces Françaises de l'Intérieur qui accomplissent la libération de Paris) qu'extérieure (les FFL, Forces Françaises Libres qui libèrent le sud de la France), participent à la libération de la France aux côtés des Alliés.

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